Pêcheurs à pied

Prévenir les risques professionnels

Les marins professionnels pratiquant la pêche à pied sont exposés à des risques qui peuvent être à l'origine d’accidents du travail ou de maladies professionnelles. Parmi eux, l'IMP en a identifié cinq principaux : l'isolement, les facteurs météo, la noyade, les TMS et les blessures aux mains.

L'isolement

Un pêcheur à pied peut facilement se trouver en position de "travailleur isolé" c'est-à-dire réaliser seul une tâche dans un environnement de travail où il ne peut être vu ou entendu directement par d’autres personnes. En cas d'accident (chute, malaise, etc.) celui-ci devra pouvoir facilement alerter les secours et être localisé rapidement.

Mesures de prévention

Limiter les risques liés au travail isolé passe par des mesures organisationnelles et techniques :

  • Prévenir les proches : en leur indiquant les horaires de début et de fin de marée ainsi que le lieu de pêche.
  • Privilégier le travail à plusieurs : lorsque cela est possible, le travail à proximité d'autres pêcheurs à pied est préférable. En cas de problème, ils pourront intervenir rapidement.
  • Avoir un moyen d'alerte à portée de main : en utilisant un moyen de communication adapté, fiable, simple et correctement chargé. Un téléphone étanche, flottant sur lequel des numéros d'urgence sont programmés est une bonne solution.
Robustes et fiables, les téléphones étanches et flottantsprésentent un vrai intérêt en terme de sécurité.

Les facteurs météo

Le soleil

Une exposition prolongée au soleil peut provoquer des brûlures de la peau ou de la rétine et à terme peut générer des pathologies cancéreuses : mélanomes, carcinomes.

Il est donc essentiel de connaître l’indice UV lors de la marée. Chiffré de 1 à 11, cet indice reflète l’intensité du rayonnement ultraviolet émis par le soleil et son impact sanitaire sur la peau. Plus il est élevé, plus le risque de lésions cutanées et oculaires est important et donc, plus il faut se protéger.

Le port de vêtements photoprotecteurs est recommandé : leur conception permet de bloquer la majorité des rayons UV. Ils sont caractérisés par un facteur de protection ultraviolet noté UPF (pour Ultraviolet Protection Factor) et suivi d’un nombre, par exemple UPF40+. Plus le nombre est élevé, plus la protection est importante. Sont également recommandés :

  • le port d'une casquette ou d'un chapeau à bord large évitera les coups de soleil sur la nuque,
  • le port de lunettes de soleil dont les verres seront au minimum de catégorie 3 (fort pouvoir filtrant UVA et UVB),
  • l'application de crème solaire toutes les 2 heures sur les zones de peau exposées.

Le froid, le vent, l’humidité

Sources de maladies souvent bénignes ou d’irritations de la peau, le froid, le vent et l’humidité sont surtout une importante source d’inconfort au travail. Pour s’en prémunir, le port de vêtements aux propriétés respirantes, chaudes et coupe-vent est recommandé. Les tissus techniques disponibles aujourd’hui (Gore-Tex®, SympaTex®, Windstopper®, etc.) permettent de faire face à toutes les conditions météo. Pour les mains, il est possible d’associer des sous-gants chauds et des sur-gants étanches. Enfin, le port d’un bonnet limitera la perte de chaleur par la tête.

La réverbération des rayons du soleil sur le sable ou sur la mer augmente l’exposition au soleil de 15 à 25%.

LA NOYADE

Travailler avec une embarcation sûre

Dès lors qu'une embarcation est utilisée dans le cadre de la pêche à pied professionnelle, celle-ci doit être conforme à la réglementation sur la sécurité des navires aquacoles (division 230). Sa mise en service doit être validée par le centre de sécurité des navires compétent.


Ce type d’embarcation est conforme à la division 230 de la réglementation sur la sécurité des navires. Un professionnel pourra naviguer en toute sécurité avec car il possède une hauteur de lisse correcte, une capacité de chargement importante, tout en répondant aux exigences de stabilité.

Porter un EPI contre le risque de noyade

Le port d'un EPI contre le risque de noyade (ou VFI) est obligatoire en cas d'exposition à un risque de chute par-dessus bord (décret n°2007-1227 du 21 août 2007) et en toute circonstance le justifiant. Cela s'applique donc aux situations de travail embarquées mais également au travail sur estran à proximité immédiate de l'eau (cas de la pêche à la telline par exemple).

Les Troubles Musculo-Squelettiques (TMS)

Les troubles musculo-squelettiques (TMS) sont des affections des articulations du corps : tendinite, discopathie, hygroma, etc. L’activité de pêche à pied peut exposer à ces risques, notamment aux TMS du dos (lombalgie, sciatique, hernie discale).

Le terrain

Si possible, le travail dans des zones avec des nappes d’eau est recommandé. Le terrain est plus facile à travailler que dans des zones qui en sont dépourvues. Cela permet également de diminuer l’apport de sable lors du transfert des coquillages dans le tamis.

La posture

Le travail jambes tendues dos fléchi est à proscrire car cette posture est néfaste pour le dos. Cela provoque de fortes pressions sur les disques intervertébraux de la région lombaire et peut provoquer à court ou moyen terme des pathologies dorsales : lumbago, sciatique, hernie discale, etc. Il faut chercher des solutions de travail permettant de conserver le dos droit pour limiter la pression sur vos disques intervertébraux.

Le dragage (tellines)

La traction de la drague pour la pêche des tellines requiert un effort physique important notamment au niveau du dos. Limiter son impact passe entre autre par le choix et l'utilisation d'un harnais adapté. Ceux disposant d’un renfort lombaire sur lequel il est possible de s’appuyer pour minimiser la surextension du dos sont à privilégier. La présence d’une ceinture velcro encerclant l’abdomen assurera un bon maintien du renfort lombaire sur le dos. Pour répartir convenablement les forces de traction sur l’ensemble du corps : des sous-cutales (larges de préférence) et les bretelles dorsales passant sur les épaules et reliées à la boucle ventrale du harnais.

Le dragage des tellines s'effectue en tractant lentement l'engin de pêche.
Type de harnais recommandé pour le dragage des tellines.

Le ratissage (coques, palourdes)

Le travail dans l’axe du corps (jambes écartées, râteau entre les jambes) est à privilégier pour éviter des torsions du tronc néfastes pour la colonne vertébrale. Exemple avec la technique du "ratissage à la coupe” qui demande moins d’efforts physiques et donc moins de contraintes lombaires que le ratissage “franc”. L'utilisation de râteaux avec dents en “cordes de piano” est également recommandé : les dents plus fines permettent un meilleur ratissage tout en diminuant la force à exercer.

La technique du "ratissage à la coupe".

Le tamisage

Dans l'idéal, la tâche de tamisage aura moins d'effets néfastes sur le dos si la grille de tamisage est posée sur les cuisses ou par exemple, sur le manche du râteau.

Ici, la grille de tamisage est posée sur le manche d'un râteau ce qui réduit l'effort de manutention.

Le retour de pêche

Revenir avec la pêche présente un effort physique important à cause du poids des coquillages. En l’absence d’embarcation, d'autres moyens de transport permettant de minimiser les efforts doivent être envisagés. Les observations montrent que certains professionnels utilisent un vélo modifié, sur lequel les sacs de coquillages sont posés. Cette solution peut être intéressante moyennant quelques adaptations : suppression des pédales pour éviter de se prendre les pieds dedans, ajout d'une béquille pour stabiliser le vélo lors de la pose des contenants dessus, ajout de sangles ou tendeurs, etc. Il faut également veiller à l'entretenir régulièrement en le rinçant à l'eau douce à chaque sortie pour limiter la corrosion qui est une source de casse matérielle.

Enfin, il est essentiel de bien connaître les horaires de marée pour éviter de se faire piéger et de devoir fournir des efforts physiques encore plus importants.

Les blessures aux mains

Les blessures aux mains sont les principales causes d’accidents à la pêche à pied, le contact direct avec le terrain et les coquillages favorisant les coupures. Limiter le risque de blessure passe par le choix de gants de protection offrant de bonnes protections contre les risques mécaniques (abrasion, coupure, déchirure, perforation).

Bien choisir son gant de protection

Pour savoir si un gant offre une bonne protection, il faut tout d’abord identifier le pictogramme “protection mécanique” apposé directement sur le gant. Celui-ci est suivi d’une série de quatre chiffres précisant le niveau de performance vis-à-vis des risques suivants :

  • résistance à l’abrasion, noté de 1 à 4 (1 étant le plus faible niveau de protection)
  • résistance à la coupure, noté de 1 à 5
  • résistance à la déchirure, noté de 1 à 4
  • résistance à la perforation, noté de 1 à 4

Ainsi, plus les chiffres sont élevés, plus la protection est importante

Pictogramme de protection contre les risques mécaniques. Pour réduire le risque de coupure, il faut privilégier des gants de préférence étanches et dont le 2ème chiffre du pictogramme se rapproche de 5.

PUBLICATION ASSOCIEE

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Pêcheurs à pied Prévenir les risques professionnels

1 Mo - 12 pages - Août 2017