Les gants de protection

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Partie la plus fonctionnelle du corps humain, la main permet à l’homme d’interagir avec son environnement, de le façonner et de le modifier.
Revers de cette habileté, elle est aussi la plus exposée aux agressions de cet environnement. Les statistiques d’accident du travail le démontrent : dans le secteur des pêches maritimes, un accident sur quatre est localisé au niveau des mains.

1. INTRODUCTION

Les observations menées par l’IMP ces dernières années à bord des navires de pêche montrent que les marins travaillent de plus en plus avec des gants de protection, ce qui est positif. Cependant, elles mettent également en évidence que :

  • les marins-pêcheurs manquent d’information sur les gants de protection existants,
  • certaines tâches exposant les mains à de forts risques de coupures continuent à être effectuées sans protection,
  • les gants de protection utilisés n’offrent pas toujours une protection adéquate vis-à-vis des risques auxquels les mains sont exposées.

Comme pour tout autre risque, l’évaluation des risques de blessures aux mains est le point de départ de la démarche de prévention :

  • A quels types de risques est-on exposé (coupures, brûlures, produits chimiques, etc.) ?
  • Quelles sont les conséquences potentielles en cas d’accident (simple plaie ou amputation) ?
  • Peut-on envisager des protections collectives pour réduire ces risques (remplacer un produit chimique dangereux par un autre, moins dangereux) ?

A l’issue de cette démarche le recours aux gants de protection peut s’avérer impératif.

Aujourd’hui, les fabricants et les distributeurs d’équipements de protection individuelle proposent une gamme de gants très vaste. Le nombre de références est d’ailleurs tel, qu’identifier le gant dont on a besoin peut s’avérer compliqué. Dans ces conditions, comment faire son choix ?

Ce guide a été conçu pour informer les marins- pêcheurs professionnels sur :

  • les différents types de gants de protection existants,
  • l’identification des informations relatives aux protections offertes par les gants,
  • l’adéquation entre gants de protection et tâches effectuées sur les navires de pêche.

2. STATISTIQUES

Sur la période 2003-2013, 3867 accidents du travail aux mains (26% du total des ATM) ont été déclarés dans le secteur des pêches maritimes, en France métropolitaine. Dans certains métiers, une atteinte traumatique sur deux est localisée à la main ou au poignet et une sur quatre est une plaie de la main. Ces ATM surviennent dans 46% des cas lors de la manipulation des engins de pêche et dans 27% des cas pendant le travail et la manutention des captures.

2.1. La manipulation des engins de pêche

193-Vi-15.jpgCette activité regroupe les tâches de virage, filage préparation et réparation de l’engin de pêche. Bien que dans 38% des cas, elle entraîne une plaie, elle implique souvent des conséquences plus graves : 68% des amputations et 59 % des fractures aux mains. Majoritairement, les marins-pêcheurs sont victimes d’accidents de type «frappé, entraîné, coincé par…» (53%) plutôt provoqués par l’engin de pêche/panneau de chalut/auxiliaires de traction. Dans 31% des cas, il s’agit de «coupures, piqûres» également provoquées par l’engin de pêche mais aussi par l’utilisation de couteaux et outils à main.

2.2. Le travail et la manutention des captures

228-Po-26.jpgDans plus d’un cas sur deux (53%), cette activité génère des plaies. Dans 63% des cas, ces accidents sont à l’origine de «coupures et piqûres» provoquées par l’utilisation de couteaux et outils à main.

2.3. Le port de gants de protection : une nécessité

Les blessures les plus importantes, écrasements et amputations, surviennent lors des opérations de filage et de virage. Ces atteintes graves sont souvent considérées comme hors de portée des moyens de protection individuelle. Cependant, pour les risques de coupures et de piqûres, ils offrent une protection adaptée qui doit permettre de réduire les accidents aux mains. Le port systématique de gants adaptés doit permettre de réduire le nombre et la gravité potentielle de ces blessures. Une série statistique récente montre que plus de la moitié des plaies sont déclarées du fait de la survenue de complications infectieuses qui génèrent des séquelles invalidantes et des arrêts de travail prolongés. Le port de gants ne nous affranchit pas de la désinfection et de la protection systématique des plaies avant de reprendre le travail.

3. RÉGLEMENTATION

Tout comme les casques, bottes, lunettes de protection,VFI (Vêtement de travail à flottabilité intégrée), etc., les gants de protection sont des EPI (Équipements de protection individuelle). A ce titre, ils sont soumis à des exigences réglementaires et normatives.

3.1. Evaluation des risques professionnels

Conformément aux principes généraux de prévention (art. L.4121-2 du Code du Travail), la mise à disposition et le port des gants de protection dans les situations de travail résultent d’une démarche d’évaluation des risques professionnels qui doit envisager d’autres actions de prévention possibles : supprimer ou limiter suffisamment les risques par des moyens de protection collective ou par des mesures, méthodes ou procédés d’organisation du travail.

3.2. Conformité de l’EPI

Conformément à la directive européenne 89/686/CEE du Conseil du 21 décembre 1989, le marquage de conformité marquage CE doit figurer sur le gant de protection. Il permet de matérialiser la conformité de l’EPI aux règles techniques et aux procédures de certification imposées par la réglementation.

3.3. Mise à disposition

L’employeur est tenu de fournir gratuitement des gants de protection conformes à la réglementation (marquage marquage CE).

3.4. Information

L’employeur est tenu d’informer ses marins sur :

  • les risques contre lesquels les gants les protègent,
  • les conditions d’utilisation des gants, notamment les usages auxquels ils sont réser vés.

3.4. Port, utilisation

L’employeur s’assure du port effectif des gants de protection par les marins.

Chaque marin doit prendre soin, en fonction de sa formation et selon ses possibilités, de sa sécurité et de sa santé ainsi que de celles des autres personnes concernées du fait de ses actes ou de ses omissions au travail. Il est donc tenu d’observer les prescriptions concernant l’utilisation des gants de protection. 

4. LES GRANDES FAMILLES DE GANTS DE PROTECTION

Il n’existe pas un gant de protection «unique» capable d’offrir un niveau de confort et de protection optimal pour toutes les situations de travail. Les indications suivantes décrivent les grandes familles de gants disponibles sur le marché ainsi que leur utilisation possible à bord des navires de pêche.

4.1. Gants cuir

Ils sont appréciés pour leur confort et leur efficacité contre la transpiration. On distingue :

  • le cuir pleine fleur : bonne dextérité, confort et précision,
  • la croûte de cuir : plus épaisse, meilleure résistance à l’abrasion

Gants cuir

4.1.1. Gants de manutention

Pour les manutentions légères à lourdes en milieu gras ou humide : avitaillement, travaux lourds sur les engins de pêche, manipulation de câbles.

Gants soudeur

4.1.2. Gants de soudeurs

Pour les travaux de soudure (gants spécifiques)

4.2. Gants synthétiques

Gants synthétiques

Ils sont très souples et offrent une très bonne dextérité et sensibilité. Sans support textile Ils sont entièrement constitués d’un matériau naturel (latex) ou synthétique : nitrile, néoprène, PVC, butyl, etc. Préconisés pour la manipulation des produits chimiques : entretien du navire, du compartiment machine et des locaux de vie ; nettoyage de pièces mécaniques.

4.3. Gants textiles non-enduits

L’enveloppe du gant est constituée d’une fibre textile naturelle ou synthétique assemblée par tissage ou tricotage. Elle donne aux gants ses propriétés anti-déchirement, anti-coupure, anti-chaleur… Ils sont dédiés aux travaux de précision en milieu sec. Ils peuvent être utilisés en sous-gants pour les travaux en milieu humide : traitement des captures et manipulation des engins de pêche.

On distingue :

  • les fibres naturelles : coton, laine, soie,
  • les fibres synthétiques : polyamide, polyester et acrylique (ex : Nylon®), para-aramide (ex : Kevlar®), polyéthylène (ex : Dyneema®).

Gants supportés non-enduits

4.4. Gants textiles enduits

L’enveloppe peut recevoir une enduction partielle ou totale qui apporte au gant une propriété complémentaire : étanchéité, résistance à l’abrasion, aux produits chimiques… On trouve notamment : le latex, le nitrile, le néoprène, le PVC, le polyuréthane, le butyl, etc.

Gants supportés enduits4.4.1. Gants supportés enduits

Pour les travaux de précision en milieu mi-humide ou gras : mécanique fine, ramendage.

Gants supportés étanches

4.4.2. Gants supportés étanches

Pour les travaux en milieu humide ou gras : traitement des captures et manipulation des engins de pêche.
Pour la manipulation des produits chimiques.

5. PERFORMANCES DE SÉCURITÉ

Les protections offertes par les gants répondent à des normes européennes (EN) relatives à des risques spécifiques. Des tests normalisés déterminent les niveaux de performances des gants. Les résultats obtenues aux tests sont indiqués par des nombres (croissants avec la performance) ou des lettres. Si un test n’est pas applicable, un «X» figure à la place du nombre. Le tableau ci-dessous indique les pictogrammes les plus courants visibles sur l’emballage de gants neufs et/ou directement sur les gants.

PictogrammeNorme / ProtectionNiveaux de performance
EN 420 - Exigences généralesEN 420
Exigences générales en terme d’ergonomie, de dextérité, d’innocuité, de marquage, d’informations et de mode d’emploi
Dextérité du gant : indique le plus petit diamètre (mm) d’une épingle pouvant être saisie avec la main gantée 3 fois en 30 secondes

Niveau 1 : 11,0 mm
Niveau 2 : 9,5 mm
Niveau 3 : 8,0 mm
Niveau 4 : 6,5 mm
Niveau 5 : 5,0 mm
EN 388 - Risques mécaniquesEN 388
Contre les risques mécaniques
Les chiffres indiquent le niveau de performance contre un risque donné
X1 : Résistance à l’abrasion (1 à 4)
X2 : Résistance à la coupure (1 à 5)
X3 : Résistance à la déchirure (1 à 4)
X4 : Résistance à la perforation (1 à 4)
EN 374-1 - Risques chimiques faiblesEN 374-1
Contre les risques chimiques faibles
Gants étanches aux liquides avec protection minimale contre les produits chimiques
EN 374-2 - Étanches aux micro-organismesEN 374-2
Contre les micro-organismes
Gants étanches aux micro-organismes conformes, au minimum, au niveau 2 de l’essai de pénétration. La résistance à la pénétration des gants est définit sur 3 niveaux de qualité acceptable.
EN 374-3 - Risques chimiques élevésEN 374-3
Contre les risques chimiques élevés

Les lettres indiquent les produits chimiques contre lesquels le gant protège la main pendant au moins 30 minutes
Liste des produits chimiques

A : Méthanol
B : Acétone
C : Acétonitrile
D : Dichlorométhane
E : Disulfure de carbone F :Toluène
G : Diéthylamine
H :Tétrahydrofurane
I : Acétate d’éthyl
J : n-heptane
K : Hydroxyde de sodium à 40%
L : Acide sulfurique 96%
EN 511 - Contre le froidEN 511
Contre le froid

Les chiffres indiquent les niveaux de performance à un risque donné
X1 : Isolation thermique au froid par convection (Mouvement d’air créé par la différence de température entre deux masses d’air) (de 0 à 4)
X2 : Résistance thermique au froid par contact (de 0 à 4)
X3 : Test de pénétration d’eau (0 ou 1)
EN 407 - Contre le feu et la chaleurEN 407
Contre la chaleur et le feu

Les chiffres indiquent les niveaux de performance à un risque donné
X1 : Résistance à l’inflammabilité (de 1 à 4)
X2 : Chaleur de contact (de 1 à 4)
X3 : Chaleur de convection (de 1 à 4) X4 : Chaleur radiante (de 1 à 4)
X5 : Petites projections de métaux liquides (de 1 à 4)
X6 : Grandes projections de métaux liquides (de 1 à 4)
EN 12477
Gants de protection pour soudeurs
Type A : pour le soudage MIG-MAG
Type B : pour le soudage nécessitant une grande dextérité comme le soudage TIG
Contact alimentaireDirective cadre EC/1935/2004 Gant adapté au contact alimentaireLes gants sont constitués de matériaux qui ne cèdent pas aux aliments des constituants en quantité susceptible de présenter un danger pour la santé humaine ou d’entraîner une modification inacceptable de la composition des denrées avec ou non une altération des caractères organoleptiques de celles-ci.
Contact alimentaireEN 60903
Pour les travaux sous tension électrique
Gants contre les chocs électriques lors de travaux sous tension ou au voisinage de parties actives. Leurs classes correspondent aux niveaux de tension d’utilisation.

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